Page:NRF 11.djvu/133

Cette page n’a pas encore été corrigée


CHRONIQUE DE CAERDAL 127

brume. Hôte souffrant des ténèbres et du silence, comme HamletTaccueille généreusement ! Comme il s'élance à sa rencontre avec courage ! Quelle rapidité, quelle audace est la sienne quand il affronte le spectre nocturne et sa propre pensée, lui qui, dans le jour, a l'allure distraite et les gestes incertains de la timidité !

D'ailleurs, Hamlet est l'ennemi, pour ceux là mêmes qui le chérissent, parce qu'il est toujours ie prince ; parce que son inflexible noblesse le divise d'avec tout ce qui l'entoure ; parce qu'il est à jamais le maître donné par la nature à l'espèce des sujets, dans la famille comme dans le royaume, celui que tous refusent, à cause de sa grandeur foncière et de sa pureté. Hamlet est vrai comme la pensée qui se poursuit elle même. Tous ses propos sont réels, et viennent de la passion inté- rieure. Il parle pour être, et non pour tromper les autres ou se duper. Il s'acharne à posséder le vain objet de l'existence. Pour faire le fou, il n'a qu'à penser tout haut, parmi toute cette canaille d'huma- nité qui pense avec ses mains pour voler le bien d'autrui, avec ses pieds pour tenir les places, et pour l'emplir avec son ventre. .

�� �