Page:NRF 11.djvu/1089

Cette page n’a pas encore été corrigée


NOTULES 1083

vraiment il faut en considérer le titre comme une gentillesse plutôt que comme une offense.

Des trois nouvelles qui forment ce volume, l'impression qui se dégage est celle d'une charmante qualité d'âme. Bonté, scrupule, — bonté portée jusqu'à la faiblesse, scrupule poussé jusqu'à l'impuissance. On ne manquera pas d'établir une parenté filiale entre les figures qui peuplent ce livre et celles qu'on trouve en maint roman de Tristan Bernard. UEpicier eût été signé d'un autre nom, qu'on n'eût pas sûrement fait le rapprochement. La manière de M. Jean-Jacques Bernard est plus rompue, plus timide ; la sensibilité est plus inquiète, l'objet de l'ironie est plus près du cœur. Ce qui manque encore, semble-t-il, à d'évidentes qualités d'observation, c'est un sujet qui les utilise, au lieu que jusqu'ici ce sont elles qui se servent du sujet pour se mettre elles-mêmes en valeur. L'affabulation manque de force et de singularité. C'est le propre d'un tel humour que de ne pas nous prendre aux entrailles ; du moins faudrait-il qu'il ne laissât point de repos à notre intérêt et à notre curiosité.

��*

��Contes rustiques, par Henri Dagan (Félix Carbonnel, 4 fr.).

Ce sont des contes de deux ou trois pages, dans l'esprit de nos fabliaux ou des aventures de Till Eulenspiegel : bonnes farces, mystifications, franches lippées, exploits de sympathiques fri- pouilles et de curés en ribotte. C'est un recueil de toutes les joyeuses histoires qu'on se raconte autour de la petite ville d'Apt, laquelle possédait déjà notre sympathie, grâce à cette feuille hebdomadaire qui fut pendant trois ans le modèle d'un journal de province satirique et littéraire : la Petite Gazette Aptésienne.

�� �