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lOyS LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

étant si singulièrement analogues. Plus tard la nature " réservée et hautaine " du fils amena une séparation et un silence qui durèrent des années. Pendant ce temps Arthur Meredith vécut à l'étranger, sur de maigres ressources. En 1881, mortellement malade de la poitrine, il revint vers la maison et l'affection paternelles.

Bien que nous n'ayons pas une ligne de leurs réponses, plusieurs autres correspondants de Meredith se dessinent dans notre esprit en traits d'une fermeté remarquable. Tout d'abord le capitaine, puis contre-amiral, Frederick Augustus Maxse (i 833-1900), l'original de Nevil Beauchamp. Comme le héros du roman, il nous apparaît follement brave, impulsif, généreux, francophile ; comme lui il devint subitement radical dans une famille conservatrice et n'hésita point, par conviction, à sacrifier un avenir qui lui permettait toutes les espérances. La campagne électorale de Nevil à Bevisham, si amplement décrite dans Beauchamp, est celle de Maxse à Southampton en 1867; Meredith le seconda de sa personne.

La deuxième place, parmi les amis de Meredith, revient à Sir William Hardman, qui mourut éditeur du Morntng Post en 1890. Son torysme, son assurance, ses lunettes et sa carrure trapue sont ceux de Blackburn Tuckham dans Beauchamp. Compagnon de ses longues marches, Meredith ne le désignait que sous le surnom familier de Tuck. Sous sa signature ont paru en 1894 de très précieux souvenirs posthumes sur la jeunesse de Meredith.

Les lettres à Stevenson, qui fut dès 1878 un familier de Box Hill, sont relativement rares. Celles à John Morley, au contraire, abondent : très expansives. Elles renferment quelques vers inédits et fort beaux. On peut dire sans témérité que la fréquentation de Meredith a largement contribué à former la haute personnalité du Vicomte Morley actuel, Lord président du conseil privé.

Meredith sème au courant de la plume de nombreux juge-

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