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JOURNAL DE VOYAGE (caNADa) 997

la cuisinière ayant choisi ce jour-là pour s'enivrer. Nous avons préparé nous-mêmes, un superbe festin pour les isolés d'Alberni, et leur en avons fait les honneurs, le soir.

Le lendemain je retourne à Victoria. Là, j'ai une conversation d'affaires avec Mr. Carmichaël au sujet de la laiterie d'Alberni. Il m'explique que la mauvaise saison retardera de plusieurs mois la construction. Il est sérieu- sement question que je passe un examen me donnant le titre d'ingénieur de quatrième classe (en français: chauflFeur mécanicien), et me permettant de faire fonctionner la grosse chaudière de la laiterie. Mais, renseignements pris, il me faudrait " chauffer " sans interruption pendant un an pour avoir droit au diplôme. Le projet tombe de lui-même. C'est alors que me vient l'idée de voyager pendant quel- ques mois, puis de revenir en Colombie britannique pour y prendre mon poste, quand la laiterie sera prête à me recevoir. J'ai une nostalgie de soleil, de vie sur l'eau, de pays lointains.

Tout me pousse à m'embarquer pour Tahiti : la lec- ture d'un livre de R. L. Stevenson, le souvenir de tableaux de Gauguin, le grand désir de me sentir de nouveau en pays français. Je cède bien vite à cette impulsion irrésis- tible.

CÉLINE ROTT.

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