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— Vous me voyez confus, répondit M. Dubreuil aussi flatté qu’il est possible de ce charmant accueil. Je ne mérite en aucune façon, vraiment, l’honneur que vous me faites…

Il n’en avait pas fallu davantage pour rompre la glace entre ces deux hommes, inconnus l’un à l’autre une heure auparavant, et qui maintenant sentaient naître en eux le germe d’une franche et cordiale sympathie.

Ils se plaisaient l’un à l’autre, dès l’abord, par cet air indéfinissable d’affabilité dont sont illuminées certaines physionomies, et qui brusquement, sans motif, charme et enchante. M Pauley possédait au suprême degré cette puissance considérable de savoir, par un seul sourire, capter la sympathie de ceux qui l’approchaient : M. Dubreuil était conquis du premier coup et se sentait tout à fait à l’aise. Mais il ne lui paraissait pas possible de prolonger plus longtemps cette première visite, et il se préparait à prendre congé, expliquant que ses filles l’attendaient à l’hôtel, qu’il avait encore des informations à prendre, qu’il devait s’enquérir des départs pour Mondorf…

Alors M. Pauley l’interrompit :

— Je me serai mal expliqué, sans doute, dit-il. Ce n’est point d’une formule banale que je me servais tout à l’heure en vous disant que j’étais à votre entière disposition. J’entends obtenir de votre confiance, que vous vous en rapportiez à moi du soin de vous renseigner et de vous piloter dans ce pays si nouveau pour vous.

Et tout d’abord, nous irons prendre Mesdemoiselles Dubreuil, à qui je me propose de faire visiter dès aujourd’hui notre petite capitale.