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III


Le mardi suivant, la famille Dubreuil se mit en route à destination de Mondorf-les-Bains, Rose, la fidèle gouvernante, et tous les domestiques de l’hôtel, gens attachés à leur maître depuis l’enfance, étaient partis la veille pour la Touraine, les uns s’en allant passer dans leurs familles les trois mois que devait durer l’absence de M. Dubreuil, les autres envoyés à Beautaillis, où le régisseur avait ordre de les accueillir comme d’habitude et de les occuper au mieux des intérêts du propriétaire.

Au début du voyage, dans le compartiment très confortable de première où l’on s’était commodément installé, Marcelle fut d’une gaieté inaccoutumée. L’idée qu’elle se faisait de Mondorf, à tort ou à raison, le nom même de cette localité où l’on allait passer les vacances, le hasard qui voulait qu’aucun inconnu ne fût monté dans leur wagon, la matinée fraîche et tout ensoleillée de ce beau jour de mai, tout la rendait heureuse et satisfaite. Elle battit des mains quand le train coupa la ligne des fortifications de l’enceinte de Paris, se pencha hors la portière pour envoyer à la grande ville son adieu moqueur, puis se mit à babiller gaiement avec Raymonde.