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De joyeux éclats de rire accueillaient chaque phrase de l’amusante boutade. Mais déjà M. Dubreuil s’en revenait avec son compagnon. Comme on allait remonter en voiture :

— Petit père, demanda Marcelle, nous ne reviendrons plus ici avant notre départ, n’est-ce pas ?

— Non, ma chérie. Et pourquoi cette question ?

— Mais, petit père, parce que je veux faire mes adieux à la localité.

Et de sa voix claire, avec un inimitable geste de petite Parisienne malicieuse, Marcelle ajouta en se tournant vers l’horizon :

— Adieu, vieux camp romain que je hais, plein de cassures d’assiettes et de rognures de fer-blanc !…

Les rires reprirent de plus belle, Fernand ni M. Dubreuil ne pouvant échapper à la contagion de cet élan de joie.

Mais quand on fut remonté en voiture, M. Dubreuil gronda doucement Marcelle.

— Tu sais pourtant bien, ma chère enfant, dit-il, l’importance historique que gardent ces souvenirs des temps qui ne sont plus. Ce serait d’ailleurs une grave erreur de te croire sur parole quand tu fais si peu de cas du camp romain que nous quittons : car il est d’une grande valeur archéologique, et a livré aux savants plus d’un précieux secret. Si jamais nous revenons à Dalheim, fais des excuses, crois-moi, à celui que tu as si drôlement apostrophé tantôt.

— Sincères, petit père, je te le promets, répondit la joyeuse enfant. Mais à une condition, pourtant…

— Et laquelle ?

— Te souviens-tu de nos promenades aux envi-