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avec une sorte d’emportement ; le seul incident parlementaire qui pût me retenir, à savoir la discussion des céréales, est définitivement clos : rien ne m’obligera à attendre la fin de la session, alors que la santé de notre bien-aimée Marcelle dépend peut-être de mon prompt départ. Quand faut-il partir, docteur, et où faut-il aller ?

— Partir le plus tôt serait le mieux : donnez vos ordres pour que tous vus préparatifs soient achevés pour le commencement de la semaine prochaine. Quant au but de votre voyage, permettez-moi de me recueillir et de prendre quarante-huit heures de réflexion avant de vous le fixer…

On s’était quitté sur ce dernier mot ; le docteur était allé à ses affaires et M. Dubrenil s’était empressé d’écrire au président de la Chambre pour obtenir un congé, en motivant sa demande.

Puis il avait commencé la longue série des visites qu’il était tenu de faire pour prévenir de son départ ses amis et ses protégés.

Le matin même du jour où commence ce récit, prévoyant qu’il aurait tout réglé avant la soirée, il avait prévenu Raymonde de la décision, prise de concert avec le docteur, et lui avait recommandé de faire diligence, de sorte que tout fût prêt et qu’il fut possible de partir le surlendemain ou dans trois jours au plus tard.

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Ce tableau rapide de l’existence de son père et de la sienne venait de repasser tout à coup sous les yeux de Raymonde, assise, toute songeuse, devant le piano.

— Oui, se dit-elle, en poussant un soupir de profonde angoisse, Marcelle se retrouve sous le coup