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— Vous savez donc ?

— Raymonde m’a tout dit, au risque de vous fâcher en vous privant ainsi de la joie de m’en faire la surprise. Et à quelle heure partons-nous ?

— Quand il vous conviendra. Que mademoiselle seulement décide à laquelle des colonies nous réservons notre visite. Est-ce à celle des garçons, à Mondorf ? à celle des filles, à Altwies ?

— Nous irons voir les petites pensionnaires d’Altwies, si vous le voulez bien, dit Raymonde.

Et sur un signe de son père, elle prit Marcelle par la main et s’en fut avec elle procéder à sa toilette de promenade. En attendant son retour, M. Pauley alla souhaiter le bonjour aux différents groupes de baigneurs qui causaient encore dans la salle, puis s’arrêta devant Fernand, frappé comme tout le monde de la bonne mine du pauvre malade.

Darcier s’aperçut de l’étonnement qui se peignait sur la physionomie de M. Pauley. Un gai sourire illumina ses yeux et son visage.

— Soyez rassuré, dit-il, je me sens mieux, vraiment. Le bonheur est revenu, la santé pourrait-elle ne pas l’accompagner ?

Et comme son interlocuteur allait interroger, il mit un doigt sur ses lèvres :

— Chut ! fit-il. Je vous dirai tout ce soir.

Au même instant la voix de Marcelle, descendue au jardin avec sa sœur, appelait gaîment : Petit père ! M. Pauley ! nous sommes prêts… venez-vous ?

Les deux hommes s’empressèrent de sortir, et l’on prit sans tarder la route du village.

Ainsi que l’avait dit M. Pauley le matin même à Raymonde, la création des colonies scolaires de vacances ne remontait qu’à l’année précédente. L’idée