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qui enleva pour les saluer, dès qu’il les aperçut, le chapeau haut de forme dont se coiffent encore la plupart des prêtres du pays.

— Monsieur le curé de Mondorf, glissa M. Pauley à l’oreille de son ami.

Et quand il eut serré la main que le digne prêtre lui tendait en un geste plein de cordialité, il le présenta à M. Dubreuil.

— Vous serez certainement charmé, lui dit-il, de faire la connaissance de M. l’abbé Fleury, dont vous êtes le paroissien en ce moment.

Car c’est votre paroissien, Monsieur le curé, et l’un des plus anciens déjà parmi les étrangers venus aux bains cette année.

— Et l’un des meilleurs, interrompit le prêtre : M. Dubreuil, n’est-il pas vrai ? député au Parlement français et le père de deux charmantes jeunes filles que je suis accoutumé de voir chaque matin assister à la messe. Suis-je bien informé ?…

— De tout point, monsieur l’abbé, dit à son tour M. Dubreuil : je ne croyais cependant pas avoir l’avantage d’être aussi bien connu de vous. Vous m’en voyez enchanté, d’ailleurs…

M. Fleury raconta alors que ces renseignements lui venaient de Marcelle, qu’il avait, quelques jours plus tôt, arrêtée pour lui donner une belle image, selon la gracieuse coutume du pays, et à qui il avait demandé son nom en la félicitant de sa bonne conduite et de sa piété. Depuis lors, l’espiègle fillette était devenue sa meilleure camarade, et presque chaque jour il la rencontrait le saluant d’un joyeux bonjour et d’un serrement de main.

— Permettez-moi d’espérer, monsieur le député, que l’ami de la fille a quelque chance de devenir