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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/85

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CHAPITRE VIII.


CONTINUATION DU MÊME SUJET.


En Angleterre, les filles abusent souvent de la loi pour se marier à leur fantaisie, sans consulter leurs parents. Je ne sais pas si cet usage n’y pourroit pas être plus toléré qu’ailleurs, par la raison que les lois n’y ayant point établi un célibat monastique, les filles n’y ont d’état à prendre que celui du mariage, et ne peuvent s’y refuser. En France, au contraire, où le monachisme est établi, les filles ont toujours la ressource du célibat [1] ; et la loi qui leur ordonne d’attendre le consentement des pères, y pourroit être plus convenable. Dans cette idée, l’usage d’Italie et d’Espagne seroit le moins raisonnable [2] : le monachisme y est établi, et l’on peut s’y marier sans le consentement des pères.

  1. C'est une ressource aussi contraire à la religion qu’à la liberté individuelle, quand il n’y a pas vocation.
  2. L'Italie et l'Espagne gardoient le droit canonique.
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