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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/81

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CHAPITRE VI.


DES BATARDS DANS LES DIVERS GOUVERNEMENTS [1].


On ne connoit donc guère les bâtards dans les pays où la polygamie est permise. On les connoit dans ceux où la loi d’une seule femme est établie. Il a fallu, dans ces pays, flétrir le concubinage ; il a donc fallu flétrir les enfants qui en étoient nés [2].

Dans les républiques, où il est nécessaire que les mœurs soient pures, les bâtards doivent être encore plus odieux [3] que dans les monarchies.

On fît peut-être à Rome des dispositions trop dures contre eux. Mais les institutions anciennes mettant tous les citoyens dans la nécessité de se marier, les mariages étant d’ailleurs adoucis par la permission de répudier, ou de faire divorce, il n’y avoit qu’une très-grande corruption de mœurs qui pût porter au concubinage [4].

Il faut remarquer que la qualité de citoyen étant con-

  1. A. B. Des lois sur les bâtards.
  2. Ce paragraphe n'est point dans A. B.
  3. A. B. Les bâtards doivent être plus flétris que dans les monarchies.
  4. « Les Romains n'appeIoient point bâtards les enfants qui naissoient du concubinage ; ils les appeloient fils naturels. Les bâtards étoient ceux qu'ils nommoient Spurii. Il est vrai que les dispositions contre les bâtards étoient dures, mais elles ne l'étoient pas contre les enfants nés d’une concubine. La législation de Rome a toujours toléré et même permis le concubinage. »

    Pilati de Tassulo, Traité des lois civiles, la Haye 1774, t. II, p. 18.