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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/80

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DE L’ESPRIT DES LOIS.


A l’aide d’une telle fiction [1], il n’y a plus d’enfants bâtards ; et dans les pays où cette fiction n’a pas lieu, on voit bien que la loi qui légitime les enfants des concubines est une loi forcée ; car ce seroit le gros de la nation qui seroit flétri par la loi. Il n’est pas question non plus, dans ces pays, d’enfants adultérins. Les séparations des femmes, la clôture, les eunuques, les verrous, rendent la chose si difficile que la loi la juge impossible. D’ailleurs le même glaive extermineroit la mère et l’enfant.

  1. On distingue les femmes en grandes et petites, c’est-à-dire en légitimes ou non ; mais il n’y a point une pareille distinction entre les enfants.

    « C’est la grande doctrine de l'empire », est-il dit dans un ouvrage chinois sur la morale, traduit par le même père, p. 140. (M.)

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