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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/506

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CHAPITRE XXV.


DE LA NOBLESSE FRANÇOISE.


M. l’abbé Dubos soutient que, dans les premiers temps de notre monarchie, il n’y avoit qu’un seul ordre de citoyens parmi les Francs. Cette prétention injurieuse au sang de nos premières familles, ne le seroit pas moins aux trois grandes maisons qui ont successivement régné sur nous. L’origine de leur grandeur n’iroit donc point se perdre dans l’oubli, la nuit, et le temps ? L’histoire éclaireroit des siècles où elles auroient été des familles communes ; et, pour que Chilpéric, Pepin et Hugues Capet fussent gentilshommes, il faudroit aller chercher leur origine parmi les Romains ou les Saxons, c’est-à-dire parmi les nations subjuguées [1] ?

M. l’abbé Dubos fonde [2] son opinion sur la loi salique. Il est clair, dit-il, par cette loi, qu’il n’y avoit point deux

  1. Ceci est une boutade de gentilhomme et ne peut point passer pour un jugement. Quand Hugues-Capet aurait été le petit-fils d'un boucher de Paris, comme le prétend une tradition dont Dante s'est fait l’écho (Purgatoire, chant 20 (a)), en serait-il moins le fondateur de la troisième race ?
  2. Voyez l'Établissement de la monarchie françoise, tome III, liv. VI, ch IV, p.304. (M.)

    a. Villon dit dans une de ses ballades :

    Se fusse des hoirs Hüe Capet,
    Qui fut extrait de boucherie.