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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/50

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CHAPITRE XIII.


OPÉRATIONS SUR LES MONNOIES DU TEMPS
DES EMPEREURS.


Dans les opérations que l'on fit sur les monnoies du temps de la république, on procéda par voie de retranchement : l’État confioit au peuple ses besoins, et ne prétendoit pas le séduire. Sous les empereurs, on procéda par voie d’alliage. Ces princes, réduits au désespoir par leurs libéralités mêmes, se virent obligés d’altérer les monnoies ; voie indirecte, qui diminuoit le mal, et sembloit ne le pas toucher : on retiroit une partie du don, et on cachoit la main ; et, sans parler de diminution de la paie ou des largesses, elles se trouvoient diminuées.

On voit encore dans les cabinets [1], des médailles qu’on appelle fourrées, qui n’ont qu’une lame d’argent qui couvre le cuivre. Il est parlé de cette monnoie dans un fragment du livre LXXVII de Dion [2].

Didius Julien commença l’affoiblissement. On trouve que la monnoie [3] de Caracalla avoit plus de la moitié d’alliage ; celle d’Alexandre Sévère [4] les deux tiers : l’affoi-

  1. Voyez la Science des médailles du P. Joubert, édit. de Paris, 1739, page 50. (M.)
  2. Extrait des vertus et des vices. (M.)
  3. Voyez Savot ; part. II, c. XII ; et le Journal des savants du 28 Juillet, 1681, sur une découverte de 50,000 médailles. (M.)
  4. Idem, Ibid. (M.)