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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/491

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LIVRE XXX, CHAP. XX.


pendance du fief, pourquoi voit-on partout [1] que le service du fief étoit de servir le roi, ou le seigneur, et dans leurs cours et dans leurs guerres ?

  1. Voyez M. du Gange, au mot hominium. (M.)

    Au XVIe siècle nos jurisconsultes, dévoués à la monarchie, symbole de l'unité française, expliquent le régime féodal par une usurpation universelle de la noblesse, usurpation contre laquelle un peuple a toujours droit de revenir. Il s’en faut de beaucoup que les choses se soient passées de la sorte, et que la théorie de nos légistes soit vraie. Le grand mérite de Montesquieu, c’est d’étudier le passé sans préjugés, et d’expliquer le changement des institutions par la marche naturelle des événements. C’est par cette impartialité que Montesquieu s’élève au-dessus de son temps, et qu’il en domine les préjugés. La féodalité a eu sa raison d’être quand elle a paru, ce qui ne veut pas dire que depuis le XVIe siècle on n’eût pas raison de demander la suppression d’une institution vieillie, et dont il ne restait plus rien que les abus.

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