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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/486

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CHAPITRE XX.


DE CE QU ON A APPELÉ DEPUIS LA JUSTICE
DES SEIGNEURS.


Outre la composition qu’on devoit payer aux parents pour les meurtres, les torts et les injures, il falloit encore payer un certain droit que les codes des lois des Barbares appellent fredum [1]. J’en parlerai beaucoup [2] ; et, pour en donner l’idée, je dirai que c’est la récompense de la protection accordée contre le droit de vengeance. Encore aujourd’hui [3], dans la langue suédoise, fred veut dire la paix [4].

Chez ces nations violentes, rendre la justice n’étoit autre chose qu’accorder à celui qui avoit fait une offense sa protection contre la vengeance de celui qui l’avoit reçue , et obliger ce dernier à recevoir la satisfaction qui lui étoit due : de sorte que, chez les Germains, à la différence de tous les autres peuples, la justice se rendoit pour protéger le criminel contre celui qu’il avoit offensé.

Les codes des lois des Barbares nous donnent les cas

  1. Lorsque la loi ne le fixoit pas, il étoit ordinairement le tiers de ce qu'on donnoit pour la composition, comme il paroit dans la loi des Ripuaires, ch. LXXXIX, qui est expliquée par le troisième capitulaire de l'an 813, édit. de Baluze, tome I, p. 512. (M.)
  2. A. B. Nous n'avons point dans nos langues modernes de termes qui l'exprime ; cependant j'en parlerai beaucoup.
  3. Cette dernière phrase n'est pas dans A. B.
  4. Friede, en allemand, a le même sens.