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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/441

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CHAPITRE VII.


DIFFÉRENTES MANIÈRES DE PARTAGER LES TERRES.


Les Goths et les Bourguignons ayant pénétré, sous divers prétextes, dans l'intérieur de l'empire, les Romains, pour arrêter leurs dévastations, furent obligés de pourvoir à leur subsistance. D’abord ils leur donnoient du bled [1] ; dans la suite ils aimèrent mieux leur donner des terres. Les empereurs, ou, sous leur nom, les magistrats romains [2] firent des conventions avec eux sur le partage du pays, comme on le voit dans les chroniques et dans les codes des Wisigoths [3] et des Bourguignons [4].

Les Francs ne suivirent pas le même plan. On ne trouve dans les lois saliques et ripuaires aucune trace d’un tel partage de terres. Ils avoient conquis, ils prirent ce qu’ils voulurent, et ne firent de règlements qu’entre eux.

Distinguons donc le procédé des Bourguignons et des

  1. A. Les Romains s'y obligèrent par des traités. Voyez Zozime, liv. V, sur la distribution du bled demandée par Alaric. (M.)
  2. Burgundiones partem Galliœ occupaverunt, terrasque cum Galiicis senatoribus diviserunt. Chronique de Marins, sur l'an 456. (M.) Je crois que senatores veut dire ici les grands propriétaires ; et que le sens de la phrase est : les Barbares prirent une part des terres des Gallici senatores.
  3. Liv. X, tit. I, § 8, 9 et 16. (M.)
  4. Ch. LIV, §§ 1 et 2 ; et ce partage subsistoit du temps de Louis le Débonnaire, comme il paroît par son capitulaire de l'an 829, qui a été inséré dans la loi des Bourguignons, tit. LXXIX, § 1. (M.)