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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/430

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CHAPITRE XIX.


DES LÉGISLATEURS.


Aristote vouloit satisfaire, tantôt sa jalousie contre Platon, tantôt sa passion pour Alexandre [1]. Platon étoit indigné contre la tyrannie du peuple d’Athènes. Machiavel était plein de son idole, le duc de Valentinois. Thomas More, qui parloit plutôt de ce qu’il avoit lu que de ce qu’il avoit pensé, vouloit gouverner tous les États avec la simplicité d’une ville grecque [2]. Arrington [3] ne voyoît que la république d’Angleterre, pendant qu’une foule d’écrivains trouvoient le désordre partout où ils ne voyoient point de couronne [4]. Les lois rencontrent toujours les passions et les préjugés du législateur. Quelquefois elles passent au travers, et s’y teignent ; quelquefois elles y restent, et s’y incorporent.

  1. Aucun de ces deux motifs ne peut être attribué à Aristote, qui à écrit sa Politique avec l'expérience et l’impartialité d’un sage.
  2. Dans son Utopie. (M.) L'Utopie de Thomas Morus n'est qu'un roman politique comme le Télémaque, c’est l’œuvre d’un philosophe et non pas d’un législateur.
  3. Harrington dans son Oceana.
  4. Hobbes, Filmer, etc.
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