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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/377

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LIVRE XXVIII, CHAP. XXXIX.


législation. Il faut quelquefois bien des siècles pour préparer les changements ; les événements mûrissent, et voilà les révolutions.

Le parlement jugea en dernier ressort de presque toutes les affaires du royaume. Auparavant il ne jugeoit que de celles [1] qui étoient entre les ducs, comtes, barons, évêques, abbés, ou entre le roi et ses vassaux [2], plutôt dans le rapport qu’elles avoient avec l’ordre politique, qu’avec l’ordre civil. Dans la suite [3], on fut obligé de le rendre sédentaire, et de le tenir toujours assemblé ; enfin on en créa plusieurs, pour qu’ils pussent suffire à toutes les affaires.

A peine le parlement fut-il un corps fixe, qu’on commença à compiler ses arrêts. Jean de Monluc, sous le règne de Philippe le Bel, fit le recueil qu’on appelle aujourd’hui les registres Olim [4].

  1. Voyez Dutillct, sur la cour des pairs. Voyez aussi la Roche-Flavin, liv. I, c. III ; Budée, et Paul-Émile. (M.)
  2. Les autres affaires étoient décidées par les tribunaux ordinaires. (M.)
  3. A. B. Bientôt on fut obligé de le rendre sédentaire, au lieu qu’il ne se tenoit que quelquefois par an ; enfin, etc.
  4. Voyez l'excellent ouvrage de M. le président Hénault, [Nouvel abrégé chronologique de l' Histoire de France,] sur l'an 1313. (M.)
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