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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/319

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CHAPITRE XX.


ORIGINE DU POINT D'HONNEUR.


On trouve des énigmes dans les codes des lois des barbares. La loi [1] des Frisons ne donne qu’un demi-sou de composition à celui qui a reçu des coups de bâton ; et il n’y a si petite blessure pour laquelle elle n’en donne davantage. Par la loi salique, si un ingénu donnoit trois coups de bâton à un ingénu, il payoit trois sous ; s’il avoit fait couler le sang, il étoit puni comme s’il avoit blessé avec le fer ; et il payoit quinze sous : la peine se mesuroit par la grandeur des blessures. La loi des Lombards [2] établît différentes compositions pour un coup, pour deux, pour trois, pour quatre. Aujourd’hui un coup en vaut cent mille.

La constitution de Charlemagne, insérée dans la loi des Lombards [3] , veut que ceux à qui elle permet le duel, combattent avec le bâton. Peut-être que ce fut un ménagement pour le clergé ; peut-être que, comme on étendoit l’usage des combats, on voulut les rendre moins sanguinaires. Le capitulaire [4] de Louis le Débonnaire donne le choix de combattre avec le bâton ou avec les armes. Dans

  1. Additio sapientium Wilemari, tit. v. (M.)
  2. Liv. I, tit. VI, § 3. (M.)
  3. Liv. II, tit. V, § 23. (M.)
  4. Ajouté à la loi salique sur l'an 819. (M )