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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/317

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CHAPITRE XIX.


NOUVELLE RAISON DE L'OUBLI DES LOIS SALIQUES,
DES LOIS ROMAINES ET DES CAPITULAIRES.


J’ai déjà dit les raisons qui avoient fait perdre aux lois saliques, aux lois romaines, et aux capitulaires, leur autorité ; j’ajouterai que la grande extension de la preuve par le combat en fut la principale cause.

Les lois saliques, qui n’admettoient point cet usage, devinrent en quelque façon inutiles, et tombèrent : les lois romaines, qui ne l’admettoient pas non plus, périrent de même. On ne songea plus qu’à former la loi du combat judiciaire, et à en faire une bonne jurisprudence [1]. Les dispositions des capitulaires ne devinrent pas moins inutiles. Ainsi tant de lois perdirent leur autorité [2], sans qu’on puisse citer le moment où elles l’ont perdue ; elles furent oubliées, sans qu’on en trouve d’autres qui aient pris leur place.

Une nation pareille n’avoit pas besoin de lois écrites, et ses lois écrites pouvoient bien aisément tomber dans l’oubli.

Y avoit-il quelque discussion entre deux parties, on ordonnoit le combat. Pour cela, il ne falloit pas beaucoup de suffisance.

  1. A. B. Et à en faire une bonne jurisprudence sur les cas qui arrivoient à leur occasion.
  2. A. C’est ainsi que tant de lois, etc.