Ouvrir le menu principal

Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/305

Cette page n’a pas encore été corrigée


CHAPITRE XVI.


DE LA PREUVE PAR L'EAU BOUILLANTE ÉTABLIE
PAR LA LOI SALIQUE.


La loi salique [1] admettoit l’usage de la preuve par l'eau bouillante ; et comme cette épreuve étoit fort cruelle, la loi [2] prenoit un tempérament pour en adoucir la rigueur. Elle permettoit à celui qui avoit été ajourné pour venir faire la preuve par l’eau bouillante, de racheter sa main, du consentement de sa partie. L’accusateur, moyennant une certaine somme que la loi fixoit, pouvoit se contenter du serment de quelques témoins, qui déclaroient que l’accusé n’avoit pas commis le crime : et c’étoit un cas particulier de la loi salique, dans lequel elle admettoit la preuve négative.

Cette preuve étoit une chose de convention, que la loi soufiroit, mais qu’elle n’ordonnoit pas. La loi donnoit un certain dédommagement à l’accusateur qui vouloit permettre que l’accusé se défendit par une preuve négative : il étoit libre à l’accusateur de s’en rapporter au serment de l’accusé, comme il lui étoit libre de remettre le tort ou l'injure.

La loi [3] donnoit un tempérament, pour qu’avant le

  1. Et quelques autres lois des barbares aussi. (M.)
  2. Tit. LVI. De manu ab œmo redimenda. (M.)
  3. Ibid., titre LVI. (M.)