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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/270

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LIVRE VINGT-HUITIÈME.


DE L'ORIGINE DES RÉVOLUTIONS DES LOIS CIVILES
CHEZ LES FRANÇOIS [1].


In nova fert animus mutatas dicere formas Corpora . . . . . . . . . . . . . . . .
OVID., Mitam., L. I, V. 1.


_________


CHAPITRE PREMIER.


DU DIFFÉRENT CARACTÈRE DES LOIS DES PEUPLES
GERMAINS.


Les Francs étant sortis de leur pays, ils firent rédiger [2] par les sages de leur nation, les lois saliques [3]. La tribu des Francs Ripuaires s’étant jointe, sous Clovis [4], à celle des Francs Saliens, elle conserva ses usages ; et Théodo-

  1. « J'ai pensé me tuer depuis trois mois pour achever un livre de l'Origine et des Révolutions de nos Lois civiles. Il formera trois heures de lecture, mais je vous assure qu’il m'a coûté tant de travail, que mes cheveux en sont blanchis. » (Lettre de Montesquieu à Mgr Cerati, du 28 mars 1748.)
  2. Voyez le prologue de la loi salique. M. de Leibnitz dit, dans son traité de l’Origine des Francs, que cette loi fut faite avant le règne de Clovis ; mais elle ne put l’être avant que les Francs fussent sortis de la Germanie : ils n’entendoient pas pour lors la langue latine. (M.)
  3. Sup. XVII, XIII.
  4. Voyez Grégoire de Tours. (M.)