Ouvrir le menu principal

Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/181

Cette page n’a pas encore été corrigée


CHAPITRE IV.


DES MINISTRES DE LA RELIGION.


Les premiers hommes, dit Porphyre [1], ne sacrifioient que de l’herbe. Pour un culte si simple, chacun pouvoit être pontife dans sa famille.

Le désir naturel de plaire à la divinité, multiplia les cérémonies : ce qui fit que les hommes, occupés à l'agriculture, devinrent incapables de les exécuter toutes, et d’en remplir les détails.

On consacra aux dieux des lieux particuliers ; il fallut qu'il y eût des ministres pour en prendre soin, comme chaque citoyen prend soin de sa maison et de ses affaires domestiques. Aussi les peuples qui n’ont point de prêtres, sont-ils ordinairement barbares. Tels étoient autrefois les Pédaliens [2], tels sont encore les Wolgusky [3].

Des gens consacrés à la Divinité dévoient être honorés, surtout chez les peuples qui s’étoient formé une certaine idée d’une pureté corporelle, nécessaire pour approcher des lieux les plus agréables aux dieux, et dépendante de certaines pratiques.

Le culte des dieux demandant une attention continuelle,

  1. De abstinentia animnalium, liv. II, § 5.
  2. Lillus Giraldus, p. 726. (M.)
  3. Peuples de la Sibérie. Voy. la Relation de M. Everard Isbrands-Ides, dans le Recueil des voyages du Nord, t. VIII. (M.)