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Page:Monod - Renan, Taine, Michelet, 1894.djvu/313

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naïvement, qu’inconnu de tous, on ne se connaît pas bien encore soi-même.

Nous avons la chance heureuse de posséder des confidences de cette nature laissées par l’écrivain le plus original de notre siècle, par celui dont l’œuvre porte le plus fortement l’empreinte de sa sensibilité personnelle, par Michelet.

Pour bien le comprendre, pour bien le goûter, pour le suivre à travers les évolutions de ses idées et les soubresauts de ses émotions, il faut ne jamais séparer sa personne de ses ouvrages ; il cherche lui-même cette communication directe avec son lecteur ; il le prend pour confident de ses joies et de ses tristesses, de ses espérances et de ses découragements ; il lui parle comme un maître à un élève, comme un père à un fils, comme un ami à un ami.

L’unité de son œuvre, si variée de sujets et d’inspirations, parfois même incohérente aux yeux de l’observateur superficiel, doit être cherchée dans sa vie et dans son cœur. C’est ce qui fait l’inestimable valeur des souvenirs personnels qu’il nous a laissés et que sa veuve, fidèle dépositaire de sa pensée, a pieusement recueillis, coordonnés et publiés. Elle a publié