Ouvrir le menu principal

Page:Monod - Renan, Taine, Michelet, 1894.djvu/222

Cette page n’a pas encore été corrigée


mouvement ; beaucoup de mauvais goût et de fausses couleurs dans la manière dont on peignait le passé. Néanmoins tout n’était pas factice dans l’amour qu’on portait aux antiquités nationales. Après le violent déchirement de la Révolution, après cet effort gigantesque pour anéantir un passé devenu odieux et pour créer de toutes pièces une France nouvelle, effort qui avait abouti au despotisme et à l’épuisement de toutes les forces du pays, on se prit naturellement à regretter les ruines qu’on avait faites, et l’on se demanda s’il n’y avait rien dans tout ce passé qui fût digne d’être admiré, aimé et, s’il était possible, sauvé du grand naufrage. En politique, la tentative faite pour rattacher la nouvelle France à l’ancienne avait échoué. La Restauration ne sut prendre de l’ancien régime que ses préjugés arriérés et ne sut pas favoriser ce qu’il y avait d’intelligent dans cette réaction contre la Révolution et l’Empire. Elle fut emportée en 1830. Mais la révolution de 1830 n’étouffa pas l’intérêt qui attirait tous les esprits vers le moyen âge. On commença, au contraire, à le connaître d’une manière plus sérieuse et plus scientifique ; on publia de vieux textes, on étudia l’ancienne langue, l’ancien droit, on se mit à fouiller et à