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Page:Monod - Renan, Taine, Michelet, 1894.djvu/215

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un grand effort. Ils posent ordinairement le but plus haut, plus loin que les autres, consultant peu leurs forces, mais plutôt leur cœur. »

Il attribuait en effet à son origine plébéienne cette chaleur, cette tendresse de cœur qui a été l’inspiration de sa vie. La pauvreté, les railleries du collège avaient un instant refoulé cette tendresse au dedans de lui, l’avaient rendu sauvage et misanthrope, sans que pourtant l’envie effleurât jamais son âme. Mais dès que, sorti du collège, il y rentra comme professeur, dès qu’il put donner aux autres quelque chose de lui-même, son cœur se rouvrit, se dilata. « Ces jeunes générations, aimables et confiantes, qui croyaient en moi, me réconcilièrent à l’humanité ».

Au moment où Michelet entrait dans l’enseignement, et professait, d’abord à l’institution Briand, puis au collège Charlemagne, enfin, à partir de 1822, au collège Sainte-Barbe, fondé par l’abbé Nicole, il ignorait encore que l’histoire fût sa vocation ; les circonstances le lui révélèrent. C’étaient les lettres anciennes et surtout la philosophie qui l’attiraient. Ses thèses de doctorat,