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Page:Monod - Renan, Taine, Michelet, 1894.djvu/200

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pensées, à qui il a légué ce qu’il avait de plus précieux, les papiers intimes, les notes quotidiennes, où il mettait le meilleur de son âme. Elle seule pourra nous le faire bien connaître, dire ce qu’il a été et ce qu’il a voulu, les aspirations idéales et les émotions profondes dont ses écrits n’ont pu être que l’incomplète révélation. Déjà les deux volumes autobiographiques qu’elle a publiés, Ma Jeunesse et Mon Journal, nous ont appris ce que furent les vingt-quatre premières années de Michelet, et nous ont permis de retrouver dans l’enfant et le jeune homme la sensibilité et les tendances intellectuelles de l’homme fait. Ses livres, d’autre part, m’ont trop puissamment ému, je l’ai personnellement trop connu et aimé pour que mon jugement pût être impartial et pour qu’il me fût possible de signaler ses défauts et ses erreurs ; mes travaux, d’ailleurs, et les tendances naturelles de mon esprit m’entraînent dans une direction trop différente de la sienne pour qu’il me fût permis de me poser en disciple et de répondre en son nom aux critiques et aux attaques dont il a été l’objet.

Je n’ai voulu que rendre hommage à la mémoire de Michelet ; hommage qui était de ma part une dette personnelle. Je n’ai pas