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bouleversé jusqu’au fond de l’âme par la guerre, par les conditions cruelles de la paix, par les atrocités de la Commune. Il sentait la nécessité pour tout Français, dans ce naufrage de la grandeur nationale, de travailler au salut de la France. Il publiait, le 9 octobre 1870, un admirable article sur l’Opinion en Allemagne et les conditions de la paix et, en 1874, une brochure pleine de sagesse sur le Suffrage universel et la manière de voter, où il exposait les avantages du suffrage à deux degrés. Il prit une part active et un intérêt passionné à la création de l’École des sciences politiques, fondée par son ami E. Boutmy, et dans laquelle il voyait un instrument puissant de relèvement social.

Les projets plus ou moins vagues qu’il avait naguère conçus de travaux sur la Révolution, sur les lois de l’histoire, sur la société et la religion en France, se représentaient à lui sous une forme nouvelle : expliquer par l’étude des révolutions survenues entre 1789 et 1804 l’état d’instabilité politique et de malaise social dont souffre la France et qui l’affaiblit graduellement.

Il allait avoir à appliquer à une grande période de l’histoire, les principes et la méthode qu’il avait déjà appliqués à la lit