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L’ARCHIDUC.

Oui, mon capitaine.


FORTUNATO.

Et maintenant, par le flanc gauche, gauche. (Les dragons exécutent le mouvement ainsi que l’archiduc.) En avant, marche.

Les soldats sortent par le fond à droite en chantant. — Chœur.

––––––Brigadier, vous avez raison.

L’archiduc se dirige vers le pavillon. Fortunato l’arrête.

Pas par là donc, animal.

Le duc fait le tour du théâtre, passe devant Fortunato et sort derrière les soldats.


Scène II

FORTUNATO, seul.


Si vous croyez que c’est drôle, le métier que je fais ? voilà six nuits que je veille sur ce pavillon où repose la comtesse, et que j’empêche l’archiduc d’arriver jusqu’à elle… il est tenace l’archiduc… et rusé. L’autre jour, il me dit : Fortunato, j’ai l’idée d’envoyer le mari en mission… Excellente idée, monseigneur, et nous avons envoyé le mari en mission, ambassadeur à Naples. Voilà donc la situation : L’archiduc, plein d’idées folichonnes que je contrecarre… le mari… à Naples… Fortunato… Ah ! oui, parlons un peu de Fortunato ! on croit que parce que l’on est dragon, et qu’on a une consigne, le cœur ne bat pas… Voilà six nuits que je monte la garde sous la fenêtre d’une femme charmante. Eh bien, ça donne des idées folichonnes… et j’en ai aussi des idées folichonnes. (Au public.) Si vous étiez à ma place, vous en auriez aussi des idées folichonnes, elle est si gentille…


MARIETTA, dans le pavillon.

A moi, au secours, à l’aide !

Elle descend vivement du pavillon.