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Page:Millaud - Madame l'Archiduc.pdf/46

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MARIETTA.

Cette pauvre petite femme qui me suppliait d’une voix si douce en me mettant son chapeau.


GILETTI.

Et puis, cette course en voiture.


MARIETTA.

La nuit, au grand galop.


GILETTI.

Et ces dragons à cheval autour de nous.


MARIETTA.

En face de moi, le petit capitaine. (Fredonnant.) Un p’tit bonhomme, un p’tit bonhomme.


GILETTI.

Puis en arrivant ici, on nous sépare, on m’emmène.


MARIETTA.

On m’enlève.


GILETTI.

On me déshabille.


MARIETTA.

On m’attife avec cette robe.


GILETTI.

Et moi, avec ce frac à boutons d’or.


MARIETTA.

Et nous nous retrouvons comte et comtesse.


GILETTI.

Et l’on nous promet dix mille écus.


MARIETTA.

En v’là une aventure !


GILETTI.

En voilà un voyage !


MARIETTA.

Un rude voyage ! et cette voiture, comme elle cahotait !


GILETTI.

C’est vrai, elle cahotait, tandis qu’ici… (Il l’embrasse.) ça ne cahote pas.