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LE COMMANDANT.

Comment, tu veux que je monte dans mon hamac ?


DORA.

Oui, parce que quand vous serez dedans, je vous verrai un peu moins, je vous parlerai plus à mon aise, ça me donnera du courage.


LE COMMANDANT.

C’est donc bien grave. (À part.) Décidément, elle a dû faire quelque bêtise aux colonies. Pauvre Frontignac !


DORA.

Vous vous rappelez comme je vous racontais de gentilles petites histoires, allons, soyez gentil, faites cela pour moi, je vous dirai tout ensuite. Venez ! venez !

Elle l’entraîne vers le hamac.


LE COMMANDANT.

Diable de fille ! elle fait de moi tout ce qu’elle veut.

Il monte dans son hamac et s’y couche.


DORA.

C’est ça, montez ! montez ! Là vous y êtes ? oh ! hisse !

Le hamac s’enlève, le matelot sort. Dora le berce.


LE COMMANDANT.

Non, non, ne me berce pas, je ne veux pas dormir.


DORA.

Moi, pas bercer, moi, balancer.


LE COMMANDANT.

Si, toi balancer, moi dormir, et moi pas vouloir.


DORA.

Moi pas vouloir non plus…

BERCEUSE.

DORA.
––––––Petit noir, dans la case chaude,
––––––Dors au pied des bambous touffus,
––––––Sa petit’tête moricaude
––––––Sourit sous ses cheveux crépus.