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Page:Millaud - La Créole.pdf/89

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LE COMMANDANT.

Très-bien, mes enfants, je suis satisfait, je vous pardonne. Arrive ici, toi, petite sauvage. Alors tu es bien décidée…


DORA.

Tout à fait décidée.


LE COMMANDANT.

À épouser Frontignac.


DORA.

Oui, à l’épouser.


LE COMMANDANT.

Et à ne plus t’oublier… dans les bras de Réné.


DORA.

Oh ! ça, c’était une folie, c’est fini… il vaut mieux que ça ait eu lieu avant qu’après le mariage.


LE COMMANDANT.

C’est le sang créole.


DORA.

Et je demande bien pardon à monsieur de Frontignac… ça n’arrivera plus… je serai une bonne petite femme, je l’aimerai de tout mon cœur… Il est très-bien d’ailleurs, monsieur de Frontignac, il est très-bien.


FRONTIGNAC,

Mademoiselle !


DORA.

Et il me plaît beaucoup, beaucoup, beaucoup. (Au commandant.) Voulez-vous que je l’embrasse ? (Elle l’embrasse.) Et voilà.


ANTOINETTE.

Mais…


LE COMMANDANT.

Le sang créole, le sang créole ! je suis ravi, il n’y a plus qu’à lâcher les notaires… (Appelant.) Saint-Chamas !


DORA.

Non pas encore… attendez !