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––––––Recevons avec allégresse
––––––Le beau neveu du commandant.

RÉNÉ, entrant, se jette dans les bras de son oncle.
––––––Bonjour, oncle, comment va ?
––––––Et toi, Frontignac, te voilà ?

Il lui donne la main.


LE COMMANDANT.
––Pourquoi donc ce retard ?

TOUS.
––Pourquoi donc ce retard ? Pourquoi donc ce retard ?

RÉNÉ.
––Écoutez, je dirai qui m’a mis en retard.

TOUS.
––Écoutons et sachons qui l’a mis en retard.

RÉNÉ.
RONDEAU.
––––––Mon oncle, il faut faire la part
––––––D’un jeune cœur rempli de flammes,
––––––Si chez vous j’arrive en retard,
––––––C’est la faute aux petites femmes.
––––––Je pars de Paris, mais voilà
––––––Qu’à Chartres où d’abord je m’arrête,
––––––Une hôtelière très-coquette
––––––Sur la porte se trouve là.
––––––Rougissant comme une cerise,
––––––Elle me sert du vin clairet.
––––––Je la regarde, je me grise,
––––––Et je reste en son cabaret.
––––––Ah ! mon oncle, les Beauceronnes,
––––––Tudieu ! les charmantes personnes !
––––––Elles sont si douces, si bonnes,
––––––Vivent les Beauceronnes !
––––––Je repars et j’arrive à Tours,
––––––L’essieu de ma chaise se casse,