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Page:Millaud - La Créole.pdf/17

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LE COMMANDANT.

Expliquez-vous, et ne tremblez pas ; vous ne m’êtes pas désagréable.


FRONTIGNAC.

Oh ! commandant…


LE COMMANDANT.

D’abord, je ne suis pas votre commandant. Vous ne m’êtes pas désagréable quoique avocat ; vous êtes le fils d’un de mes bons amis, d’un bon conseiller. Il n’a qu’un défaut, un seul, il n’est pas d’épée. Vous avez toujours été bien reçu chez moi.


FRONTIGNAC.

Oh ! quant à ça, commandant…


LE COMMANDANT.

Je ne vous le demande pas, j’affirme que vous avez toujours été bien reçu chez moi ; vous avez vu Antoinette, elle vous a paru gentille, vous le lui avez dit. (Avec éclat,) Veille à la vigie, Saint-Chamas !


VOIX.

Oui, commandant !


LE COMMANDANT.

Vous le lui avez dit : (se reprenant avec calme.) Vous vous en êtes tenu là, je pense, ça n’a pas été plus loin ?


FRONTIGNAC.

Non, non, ça n’a pas été plus loin. Cependant nous avons échangé…


LE COMMANDANT.

Échangé quoi ? mille bombes !


FRONTIGNAC.

Rien ! quelques paroles !


LE COMMANDANT.

Et puis ?