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FRONTIGNAC.

Et vous avez écouté tranquillement ce grand discours… et vous n’avez rien répondu ?


ANTOINETTE.

Répondre au commandant… est-ce qu’on peut répondre au commandant ? Et puis que répondre ?


FRONTIGNAC.

Comment, que répondre ?


ANTOINETTE.

Oui !…


FRONTIGNAC.

Mais, que ce mariage est impossible… que vous n’aimez pas Réné… que Réné ne vous aime pas… et lorsqu’il y a près de vous quelqu’un qui vous adore…


ANTOINETTE, qui a l’air de ne pas comprendre.

Quelqu’un qui m’adore ?


FRONTIGNAC.

Voyons, Antoinette, vous savez bien…


ANTOINETTE, vivement.

Non… non… je ne sais pas.


FRONTIGNAC.

Comment ?


ANTOINETTE, changeant de ton.

Mais je me doute un peu… seulement pourquoi n’a-t-il pas parlé ce quelqu’un qui m’adore ?


FRONTIGNAC.

Parce qu’il n’osait pas… parce que, s’il était bien certain de vous aimer, il avait peur…


ANTOINETTE, éclatant.

Eh ! que ne parlait-il ? on l’aurait rassuré.


FRONTIGNAC, la prenant dans ses bras.

Antoinette !