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RAOUL PONCHON

La grande estime littéraire, l’admiration même, qu’ont pour Raoul Ponchon, non seulement ses amis, Jean Richepin et Maurice Bouchor, mais encore tous les poètes, nous dispensent de louer amplement la verve comique, la fantaisie funambulesque, la virtuosité lyrique que décèlent les vers exquis qu’il publie hebdomadairement dans le Journal et dans le Courrier Français. Quiconque a lu ces Gazesttes rimées, ou plutôt ces odelettes, ces poèmes, en a goûté avec délice la langue savoureuse et pittoresque, la saine et franche gaîté, le burlesque imprévu, la bonhomie narquoise et salue en Raoul Ponchon un des maîtres de l’esprit et de la poésie modernes.

D’une modestie dont il convient de lui reprocher l’excès, Ponchon n’a consenti jusqu’à ce jour à faire paraître aucun livre et ne nous a accordé qu’à son cœur défendant l’autorisation de reproduire les deux poésies de lui que nous donnons plus loin. Il considère que ses vers, quelque peu improvisés, ne doivent pas avoir de lendemain. Personne n’est de son avis, et nous connaissons plusieurs de ses amis qui, plus respectueux que lui-même de son œuvre, recueillent avec soin ses moindres pièces, dans l’intention d’en choisir les meilleures pour composer un volume qui serait publié après sa mort. Mais Ponchon a bon œil, bon pied, bon coffre, ce dont nous nous réjouissons d’ailleurs, et le public attendra longtemps encore l’édition de ses œuvres posthumes.