Page:Millanvoye — Anthologie des poètes de Montmartre, éd7.djvu/205

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Mais l’ plus souvent la faim les crève,
C’ n’est pas long, l’agonie est brève ;
Ils doiv’nt aller tout droit aux cieux,
          Les pauv’ p’tits fieux

Quand ils s’ront grands, ils d’viendront rosses,
Ils commettront des crim’s atroces,
Ils surin’ront les beaux messieurs,
          Les pauv’ p’tits fieux.

Bourgeois, patron, toi, qu’as des sommes,
Pens’ que plus tard ils s’ront des hommes,
Et tâche d’êtr’ miséricordieux
          Aux pauv’ p’tits fieux !