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114 ANTHOLOGIE DES POÈTES DE MONTMARTRE LEON DUROCHER Léon Durocher, poète, chansonnier, né en 1862. Vint de Bretagne vers Montmartre, où sa toque d’universi- taire s’envola par-dessus les moulins. Se distingua au Chat Noir par un mélange très personnel de lyrisme cel- tique et d’ironie gauloise. Y récita pendant de longs soirs Binious et Tambourins, Montmartre, Berceuse con- jugal, La Chosette, Les Pêcheurs d’étoiles ; comme il venait de déclamer un sonnet à l’Ecosse, un thane écos- sais lui offrit une toque d’honneur, en 1889. A déserté Montmartre sans cesser d’être Montmartrois. Le poète de la Butte se retrouve dans le fantaisiste amer, l’humo- riste à l’érudition alerte, l’orateur aux envolées Bardi- ques, qui institua le Pardon d’Anne de Bretagne à Mont- fort-l’Amaury, où son étendard et sa verve de « Pentyern » se déploient dans un cadre de ruines grandioses. A reçu avec le grade de Barde Kambr’O'Nikor, l’investiture bardique des mains de l’archidruide Hwfa-Môn, entre les douze pierres sacrées, au pays de Galles, en 1899. Secrétaire du Bon-Bock, le plus ancien des dîners de Paris. « Capitane » du Moulin à sel, où les convives mé- tamorphosés en « Anes » festoient sous la présidence des Maîtres du Rire, de Rabelais, de Boccace, de Cer- vantes, de Molières, etc., ressuscites sur la table par l’é- bauchoir de maîtres-sculpture, en des agapes rétrospec- tives d’une saveur unique.