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en était chargé, commençait par dire que le danger était extrême : « Encore quelques jours, dit-il, et vous n’étiez plus. » Puis, pour obvier à ce grand péril, il proposait seulement de fortifier le poste de la Convention ; chaque compagnie était tenue d’y envoyer deux hommes. Du reste, rien de changé. La Commune restait investie du droit de requérir la force militaire, c’est-à-dire, quand elle voudrait, d’assiéger la Convention.

Le rapport fut adopté, malgré l’opposition de Danton qui dit : « C’est décréter la peur. »

Quelque insignifiante et molle que fût la mesure proposée par les Douze, elle avait ceci de bon, qu’elle respectait Paris, qu’elle se fiait à lui de la sûreté de l’Assemblée. Cette ligne était la seule qu’on pût suivre ; la Convention devait y persévérer. Une fatale imprudence de son président Isnard l’en sortit le lendemain.

Le 24, les Douze avaient ordonné l’arrestation de Varlet, de Marino, l’auteur des propositions sanguinaires faites le soir du dimanche, et celle du substitut Hébert, le trop fameux Père Duchesne, qui, dans son dernier numéro (n° 239), disait que les Girondins, achetés par Pitt, avaient fait faire en février le pillage des épiciers, et depuis, à plusieurs reprises, enlevaient le pain des boulangers pour occasionner la disette.

Le 25, de bon matin, la Commune était aux portes de la Convention pour réclamer la liberté de ce grand citoyen, Hébert, de cet estimable