Page:Michelet - OC, Histoire de la Révolution française, t. 5.djvu/521

Cette page a été validée par deux contributeurs.


mesures pour la tranquillité publique. » — Décrété à l’instant même.

Le Comité d’exécution avait ainsi, par Barère, décliné l’exécution. Que faisait ce nouveau comité des Douze, chargé de prendre des mesures ? Que voulait dire un mot si vague ? Était-ce un mot de confiance ? Il fallait alors remettre ce pouvoir de confiance à des hommes imposants par le caractère. Ceux qu’on nommait (sauf deux, Rabaut et Fonfrède) n’avaient nullement le poids nécessaire pour une mission si grave ; c’étaient généralement de jeunes députés de la droite, qu’on aurait pu appeler une Gironde inférieure. Vigée par exemple, Henri Larivière, étaient des jeunes gens hasardeux, aux paroles hardies et légères, qu’on croyait (sans qu’ils eussent fait leurs preuves) gens d’exécution.

Le dimanche 19 au soir, une assemblée des comités révolutionnaires eut lieu, non à l’Évêché, mais à la mairie. Elle fut présidée par les administrateurs de police de la Commune ; on devait y examiner les moyens de saisir et d’arrêter les suspects. L’administrateur Marino, peintre en porcelaine (le même qui devint plus tard effroyablement célèbre par les jugements de Lyon), dit qu’il ne connaissait de suspects que dans la Convention, qu’il fallait saisir les vingt-deux (plus huit qu’il désignerait), les mettre en lieu sûr, les septembriser, les faire disparaître : « Nous dirons ensuite, dit-il, qu’ils ont émigré. » Tout cela froidement, posément ; c’était un homme sérieux, calme, qui semblait rassis. Il y eut quelque silence ;