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Le Comité avait tout au moins fait preuve d’une grande audace. Il avait, à ces armées désorganisées, presque anéanties, ordonné partout l’offensive, enjoint la victoire. La Révolution était l’assaillant universel ; la mettre sur la défensive, c’était la livrer et l’abandonner. Cette offensive intrépide, tout étrange qu’elle parût, ne fut pas sans quelque effet. Les Autrichiens, par exemple, se confirmèrent dans l’idée qu’ils avaient du profond fanatisme révolutionnaire, dans le plan qu’ils s’étaient fait de n’avancer qu’à coup sûr, de ne pas faire un pas sans avoir bien assuré le pas qu’ils venaient de faire, Condé d’abord et Valenciennes ; puis, ces places dûment assiégées et prises, on en viendra à Dunkerque, pour terminer la campagne par la grande affaire de Lille ». Ils restèrent deux mois devant Valenciennes, et c’est ce qui nous sauva.

Nous n’avons pas le temps, ici, de faire encore le détail des petites victoires vendéennes, ni des nobles généraux qui, vers le milieu d’avril, avaient enfin accepté le commandement de l’insurrection. Nous y reviendrons plus tard.

Mais nous ne pouvons passer sans dire un mot de Dampierre, victime du système de guerre ordonné par la Convention : avancer toujours, faible ou fort, et toujours combattre.

Nous entrons dans l’âge de bronze. Dampierre, ce héros de 1793, eût été guillotiné quelques mois plus tard (Couthon le dit en propres termes). Il le sentit