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de l’ennemi, c’est que cette droite autrichienne était commandée par le jeune prince Charles, fils de l’empereur Léopold, qui faisait la guerre pour la première fois. Quand on connaît l’histoire des guerres monarchiques, on peut affirmer hardiment qu’on mit le jeune prince au poste où une écrasante supériorité assurait d’avance que de ce côté les Français n’auraient jamais l’avantage.

Dumouriez fut-il instruit de la présence du prince en face de Miranda ? Nous l’ignorons. S’il la connut, son plan fut simple, le même à peu près qu’à Jemmapes. Miranda eut à Neerwinde le rôle de Dampierre à Jemmapes, le rôle d’être écrasé. L’affaire était arrangée pour la gloire des Orléanistes ; Dumouriez ménageait à Valence l’honneur de frapper le grand coup. De même qu’à Jemmapes, Thouvenot, vainqueur, vint fortifier Égalité et sauver enfin Dampierre. — Valence, vainqueur à Neerwinde, fût revenu au centre sur Égalité, et tous deux auraient sauvé ce qui restait de Miranda, s’il en restait quelque chose. Cette fois encore, le prétendant eût apparu vers la fin, comme un Dieu sauveur, et Dumouriez eût écrit que pour la seconde fois ce jeune homme avait sauvé la France.

Dans les deux camps, si nous ne nous trompons, l’idée fut justement la même : assurer la gloire à un prince. Dumouriez arrangeait la chose pour le duc d’Orléans ; Cobourg pour le prince Charles. Celui-ci eut en effet l’honneur de l’affaire et commença à vingt ans sa réputation de premier général de l’Empire.