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organisa la chasse des patriotes. En tête des masses joyeuses marchait un sonneur de cor. Ceux qui entraient dans les maisons pour faire sortir le gibier, de temps à autre, jetaient dans la rue un malheureux patriote ; le sonneur sonnait la vue, et l’on courait sus. La victime abattue par terre, on sonnait l’hallali. En l’assommant, on donnait le signal de la curée. Les femmes alors accouraient avec leurs ciseaux, leurs ongles ; les enfants achevaient à coups de pierres.

Ceci ne fut qu’une avant-scène. Sur cette hauteur de Machecoul, entre deux départements, les royalistes dressèrent leur tribunal de vengeance, qui fit venir de partout des masses de patriotes, et continua de massacrer, du 10 mars au 22 avril.

Tout cela avait commencé depuis vingt-quatre heures, que rien ne bougeait encore dans la haute Vendée. Elle ne se décida que par l’affaire de Saint-Florent.

La foule des jeunes gens s’y mit en pleine révolte. On essaya d’arrêter un jeune homme, nommé Forest, ex-domestique d’un émigré, qui revenait de l’émigration et prêchait la résistance. Il tire, il tue un gendarme. Ce coup de pistolet retentit dans quatre départements.

On amena le canon. La foule n’en eut pas peur. Elle se jeta dessus, tua les canonniers à coups de bâton.

Saint-Florent est sans importance. Mais il faut remarquer sa situation. De son coteau élevé, il voit