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tement, se colletant gauchement, comme des lutteurs novices, se tâtant extérieurement encore, si l’on peut dire, jusqu’à ce qu’ils trouvassent une place où le fer glissât et perçât le cœur.

Le 10 enfin, au nom des vingt et un chargés du procès du roi, Robert Lindet lit une espèce d’histoire du roi depuis 1789, histoire habilement accusatrice, où se reconnaissait la main d’un légiste normand consommé en sa sagesse normande. Les Lindet étaient deux frères, Robert et Thomas, l’avocat, le prêtre ; tous deux siégeaient à la Montagne. Robert, dans son exposé historique, s’attachait à bien concentrer toute l’accusation sur la tête du roi, à empêcher qu’elle ne s’égarât, que du roi elle ne se détournât sur les ministres. Il établissait, ce qui était vrai, que les ministres de Louis XVI avaient eu sur lui très peu d’influence. Ce que Lindet ne dit point, c’est que celle de la reine, de la cour, avait été pour beaucoup dans ses déterminations, celle des prêtres plus puissante encore ; les pièces du procès ne le témoignaient que trop.

Chaque parti voulait sa part dans l’accusation. La commission ayant donné à un Montagnard la part historique, dédommagea la Gironde en chargeant le Girondin Barbaroux de présenter l’acte des griefs, acte dont chaque article devait fournir au président la matière, la forme même des questions qu’il adresserait à l’accusé.

« Le 11 décembre, Louis se leva à sept heures.