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elle-même ; c’était le second coup de trompette qu’elle sonnait aux nations.

Le 18 novembre, la Convention avait proclamé la guerre politique, disant qu’elle appuierait toute nation qui voudrait la liberté.

Et le 15 décembre elle donnait à la guerre un caractère social, se portant pour défenseur du peuple, des classes pauvres, par toute la terre, renouvelant les gouvernements au suffrage universel, enfin (Cambon le dit lui-même), dans tout pays envahi, sonnant le tocsin.

Le rapport fait par lui-même, au nom des trois comités (des finances, diplomatique, militaire) est le manifeste solennel, l’éternel testament que la France révolutionnaire a légué à l’avenir, non un acte accidentel, mais celui qu’elle reprend, chaque fois qu’elle se réveille et revient à elle-même.

Le sens de ce manifeste n’est rien autre que la négation de l’ancien monde. « Quand la France s’est levée en 1789, elle a dit : Tout privilège du petit nombre est une usurpation ; j’annule et casse tout ce qui fut sous le despotisme, par un acte de ma volonté. Voilà ce que doit faire et dire tout peuple qui veut être libre et mériter la protection de la France. »

« Pour elle, partout où elle entre, elle doit se déclarer franchement pouvoir révolutionnaire, ne rien déguiser, sonner le tocsin… Si elle ne le fait pas, si elle donne des mots et point d’acte, les peuples n’auront pas la force de briser leurs