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Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/59

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Scot a le plus approché parmi les scolastiques, et qu’il traiterait des points de Zénon d’après une tout autre doctrine que celle des interprètes infidèles d’Aristote : c’est ce qu’a prouvé sa métaphysique. Il trouvait cependant que Ricci expliquait trop minutieusement la différence de l’être et de la substance dans l’ordre de leur gradation métaphysique. Aussi, toujours avide de nouvelles connaissances, apprenant que le Père Suarez traitait avec la supériorité d’un vrai métaphysicien de tout ce qu’on peut savoir en philosophie ; qu’en outre son exposition était claire et facile, il quitta de nouveau l’école et s’enferma chez lui une année entière pour étudier cet auteur.

Une seule fois il se permit d’aller à l’université royale, et, par une heureuse inspiration, il entra dans la classe de D. Felice Aquadies, premier lecteur en droit, au moment où ce professeur distingué portait sur Vulteius le jugement suivant : qu’il était le meilleur commentateur des Institutes. Ces paroles, que Vico grava dans sa mémoire, déterminèrent dans ses études un ordre meilleur. En effet, son père ayant bientôt résolu de l’appliquer à l’étude du droit, le voisinage et la célébrité du professeur firent tomber son choix sur D. Francesco Verde ; mais Vico ne suivit que deux mois ses leçons, qui toutes roulaient sur la pratique la plus minutieuse du droit civil et du droit canonique, et comme il ne pouvait en saisir les principes, habitué déjà par la métaphysique à généraliser, à ne juger des particularités qu’à l’aide d’axiomes ou de maximes, il déclara à son père qu’il suspendrait ses leçons, persuadé que Verde ne lui apprenait rien, et, mettant à profit les paroles d’Aquadies, il le pria de demander une