Ouvrir le menu principal

Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/451

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



§ II.


Des familles composées de serviteurs, antérieures à l’existence des cités, et sans lesquelles cette existence était impossible.


Au bout d’un laps de temps considérable, plusieurs des géants impies qui étaient restés dans la communauté des femmes et des biens, et dans les querelles qu’elle produisait, les hommes simples et débonnaires dans le langage de Grotius, les abandonnés de Dieu dans celui de Puffendorf, furent contraints, pour échapper aux violents de Hobbes, de se réfugier aux autels des forts. Ainsi un froid très vif contraint les bêtes sauvages à venir chercher un asile dans les lieux habités. Les chefs de famille, plus courageux parce qu’ils avaient déjà formé une première société, recevaient sous leur protection ces malheureux réfugiés, et tuaient ceux qui osaient faire des courses sur leurs terres. Déjà héros par leur naissance, puisqu’ils étaient nés de Jupiter, c’est-à-dire nés sous ses auspices, ils devinrent héros par la vertu. Dans ce dernier genre d’héroïsme, les Romains se montrèrent supérieurs à tous les peuples de la terre, puisqu’ils surent également

Parcere subjectis, et debellare superbos.

Les premiers hommes qui fondèrent la civilisation, avaient été conduits à la société par la religion et par l’instinct naturel de propager la race humaine, causes honorables qui produisirent le mariage, la première et