Ouvrir le menu principal

Page:Michelet - Œuvres complètes Vico.djvu/410

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


volonté, pour prendre le caractère opposé d’une chose stable.


§ III.


Corollaires relatifs aux caractères poétiques employés comme signes du langage par les premières nations.


Le langage poétique fut encore employé longtemps dans l’âge historique, à peu près comme les fleuves larges et rapides qui s’étendent bien loin dans la mer et préservent, par leur impétuosité, la douceur naturelle de leurs eaux. Si on se rappelle deux axiomes (48. Il est naturel aux enfants de transporter l'idée et le nom des premières personnes, des premières choses qu'ils ont vues, à toutes les personnes, à toutes les choses qui ont avec elles quelque ressemblance, quelque rapport. — 49. Les Égyptiens attribuaient à Hermès Trismégiste toutes les découvertes utiles ou nécessaires à la vie humaine), on sentira que la langue poétique peut nous fournir, relativement à ces caractères qu’elle employait, la matière de grandes et importantes découvertes dans les choses de l’antiquité.

1. Solon fut un sage, mais de sagesse vulgaire et non de sagesse savante (riposta). On peut conjecturer qu’il fut chef du parti du peuple, lorsque Athènes était gouverné par l’aristocratie, et que ce conseil fameux qu’il donnait à ses concitoyens (Connaissez-vous vous-mêmes), avait un sens politique plutôt que moral, et était destiné à leur rappeler l’égalité de leurs droits. Peut-être même Solon n'est-il que le peuple d’Athènes considéré comme reconnaissant ses droits, comme fondant la démo-